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BELLEVUE

  • 15 mars 2025
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : 2 oct. 2025


Colo Bellevue - La Tranche sur mer

BELLEVUE


À la GRIÈRE la « Colo de la PEP 86 » a été vendue en fin d’année 2024 à EPF VENDÉE (Établissement Public Foncier de la VENDÉE), avec un engagement de la Mairie de la TRANCHE-sur-MER de racheter ce bien sous 4 années.

Depuis un certain temps déjà, des anciens moniteurs ou directeurs ont inventorié la vie quotidienne de la "colo", grâce à des images, des documents, des pratiques, des jeux, des chants, étayés également d'interviews enregistrées. Ce remarquable travail constitue un témoignage ethnographique inégalable de la vie des "colos" de l'après-guerre. 

Si cette partie est aujourd’hui richement documentée, il apparaît que pour les périodes précédentes, celle hôtelière notamment, (car ce bâtiment fut d'abord un très bel hôtel), puis celle de l’occupation 1939/1945, nous les connaissons moins bien.

Découvrons aujourd'hui l'homme à l’origine des premiers Parcs de la GRIÈRE et de ce bâtiment emblématique 

Émile BROCHERIOUX, d’abord photographe devient en 1905 le propriétaire d’un des grands éditeurs de cartes postales français CPA (la Carte Postale Artistique), fort d’un catalogue de plus de 15 000 modèles différents. Ses affaires devinrent rapidement florissantes, surtout grâce à avec la célèbre "carte postale du front".

Habitué à parcourir tout l’hexagone, « Monsieur Émile » est particulièrement intéressé par le bord de mer, dont il soupçonne les potentialités futures et l’avènement d’un âge d’or. Vers le milieu des années 20, il vend dans d’excellentes conditions son affaire pour se consacrer désormais à la promotion immobilière balnéaire.

Il fonde la société "Littoral Atlantique Méditerranée et Extensions" et choisit La GRIÉRE pour sa première opération, en achetant 16 hectares de "bois, forêts de pins et prés" à deux veuves le 11 mars 1925.

Le lotissement de la GRIÉRE est autorisé par le Préfet de Vendée le 2 septembre 1926 : deux larges voies de 12 mètres sont percées, les parcelles sont définies, un hôtel de luxe sera édifié avec une vue mer. Il sera chargé de "tirer" vers le haut ce lotissement et de le faire connaître.

En dehors de l’hôtel et de la maison du gardien, plusieurs villas témoin seront construites.

Pour son projet BROCHERIOUX voit grand et recherche un architecte Art-Déco renommé.

L’hôtel sera dessiné et conçu en 1929 par l’architecte par R. FARRADÉCHE, qui avait notamment construit le Grand Garage de la Motte-Picquet à PARIS, un immeuble avant-gardiste, très Art-Déco, capable d’abriter 800 places de parking, mais également proposant un club de sport très haut de gamme.

L’hôtel BELLEVUE construit par l’entreprise locale ROUX, fut inauguré en juillet 1933. Il possédait alors tout le confort moderne comme l’électricité, le chauffage, le téléphone dans chacune de ses vingt chambres, mais aussi l’eau courante chaude et froide grâce à un petit château d’eau construit sur le terrain de l’hôtel et enfin un court de tennis en terre battue.

De sa grande pergola soutenue par vingt colonnes, on pouvait admirer alors la mer et l’Ile de RÉ.

Rapidement ce lieu devint un endroit à la mode fréquenté par une clientèle huppée.

Les élégantes limousines garées devant l’hôtel, des femmes excentriques habillées à la dernière mode de Paris, le dancing où on se trémoussait sur des charlestons ou des fox-trots endiablés firent jazzer plus d’un autochtone Tranchais.


La société L.A.M.E. semble avoir eu des intérêts très liés avec Alexandre STAVISKY, dit « le beau Sacha», le sulfureux banquier aventurier, dont le scandale politico-financier précipita la chute du gouvernement LAVAL.

Le pseudo suicide de STAVISKY en janvier 1934, à CHAMONIX entraina également rapidement la chute de BROCHERIOUX et bien d’autres.

En août 1934 la société L.A.M.E. est déclarée en cessation de paiement, et la liquidation est prononcée en 1935.

Sous la pression de la Mairie radicale-socialiste de la TRANCHE d’alors, qui prônait le développement d’un tourisme populaire, l’hôtel BELLEVUE est vendu au printemps 1939 à l’Œuvre des Pupilles de POITIERS, rebaptisée ultérieurement PEP 86,

Dès juillet 1939 deux groupes de 250 enfants chacun arrivent à BELLEVUE, mais la guerre est déclarée le 3 septembre 1939.


Pendant les dix mois qui suivirent certains réfugiés Ardennais occupèrent le bâtiment, puis à partir du 23 juin 1940 les hommes de troupe allemands s’installèrent à BELLEVUE.

Le 25 août 1944, dans la panique générale, un détachement FFI passe par BELLEVUE pour récupérer armements et munitions laissés par l'occupant et hérite également de prisonniers Allemands. 

Dans l'ensemble, peu de précautions sont prises pour BELLEVUE qui est pillé, saccagé et où tout le monde se sert ! 

Les plages de la TRANCHE ayant été préalablement déminées et les premiers travaux indispensables effectués, BELLEVUE reprendra vraiment ses activités en 1947.

La suite on la connaît, depuis il faudrait une comptabilité, entamée mais non close, pour évaluer le nombre d'enfants ayant séjourné dans cette colonie. Le chiffre s'élèverait à des dizaines de milliers, tous ont ici découvert les joies de la plage, de la mer, des pins, de l’air pur et de la vie en communauté. 

Aujourd'hui ce monument d'histoire fait partie du paysage et du patrimoine de TRANCHE-sur-MER.

Une page se tourne mais une autre doit s’écrire. 

Un collectif réunissant déjà plus d’une centaine de personnes réfléchit pour proposer un autre souffle, un autre horizon, un autre espoir à BELLEVUE.

Doit-on conserver la vocation sociale de ce lieu en hébergeant des saisonniers, ou bien profiter de sa façade typiquement Art-Déco pour recréer un hôtel 4 étoiles qui manque si cruellement à la TRANCHE. D’autres idées sont également proposées et toutes les propositions seront examinées avec intérêt.



Pierre BON

Amis de la Colo de Bellevue

 
 
 

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