Vers une plage sans déchet ni nuisance à La Tranche-sur-Mer
- yves laguillier
- il y a 3 jours
- 2 min de lecture
Un littoral sous pression, entre attractivité et fragilités
La plage de La Tranche-sur-Mer demeure l’un des espaces les plus prisés de la côte vendéenne : un littoral ouvert et lumineux, où se mêlent sable fin, vent constant et horizon dégagé. Mais derrière cette image de carte postale, la réalité est plus complexe. Au fil des étés, les mégots enfouis dans le sable, les canettes abandonnées, les plastiques égarés, les nuisances sonores nocturnes ou les stationnements sauvages témoignent de tensions bien réelles.
L’idée d’une plage « zéro déchet, zéro nuisance » n’est plus seulement un slogan. Elle est devenue un enjeu brûlant d’actualité en termes de préservation du littoral et d’amélioration de l’expérience des visiteurs comme des habitants.
Des engagements, mais une transformation à poursuivre
La commune a déjà pris des orientations importantes : la signature de la Charte Plages sans déchet plastique en 2023 marque un engagement formel vers une réduction des pollutions liées au plastique, tandis que des collectes citoyennes, notamment autour de la plage de la Terrière, renforcent la dynamique locale.
Mais atteindre une plage réellement apaisée suppose d’aller plus loin. Les pistes liées au « zéro nuisance » — renforcement de la médiation en soirée, maîtrise des usages des plastiques à usage unique, meilleure prévention des rassemblements bruyants — restent encore partiellement mises en place, et nécessiteront un suivi précis pour s’inscrire dans la durée.
ISO 13009 et gestion durable : un cadre pour progresser
Pour structurer cette ambition, la référence à la norme internationale ISO 13009, qui définit les bonnes pratiques de gestion environnementale, touristique et sécuritaire des plages, pourrait offrir un cap concret.
Cette certification met l’accent sur la gouvernance locale, la qualité des services, la protection de l’écosystème littoral, la sensibilisation du public et la maîtrise des impacts liés à la fréquentation. Elle invite notamment à réduire les déchets à la source, à organiser les flux, à encadrer les usages et à harmoniser les règles sur l’ensemble du front de mer.
Dans cette perspective, l’implication de tous — commerçants, restaurateurs, loueurs, campings, écoles de surf, associations — serait nécessaire pour promouvoir des contenants réutilisables, délivrer des consignes systématiques et mettre en œuvre des actions pédagogiques auprès des visiteurs dès leur arrivée.
Une ambition confrontée à la réalité de la fréquentation
Reste la question centrale : jusqu’où peut-on aller ? Le « zéro » se heurte à des limites évidentes. Avec une fréquentation estivale très élevée, une diversité de comportements et un territoire qui vit aussi de son attractivité, tout contrôle supplémentaire doit s’inscrire dans un équilibre délicat entre liberté, hospitalité et respect des lieux.
Une réglementation trop intrusive pourrait nuire à l’image conviviale de la station, tandis qu’une tolérance excessive pourrait fragiliser durablement le milieu naturel et la qualité de vie des riverains.
Utopie accessible ou idéal impossible ?
La plage « zéro déchet, zéro nuisance » représente-t-elle un objectif atteignable ou un simple horizon mobilisateur ? Faut-il considérer l’ISO 13009 comme une véritable feuille de route pour les années à venir, ou comme un repère lointain permettant d’orienter, étape après étape, la transformation du littoral ?
Et finalement, quelle ambition collective La Tranche-sur-Mer souhaite-t-elle porter pour concilier attractivité, préservation environnementale et tranquillité publique ?
FG








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