La Tranche-sur-Mer face au recul du trait de côte : vers une politique municipale proactive
- yves laguillier
- 23 nov. 2025
- 3 min de lecture
Un littoral déjà sous tension
À La Tranche-sur-Mer, le trait de côte recule lentement mais sûrement. Tempêtes hivernales, montée du niveau marin, affaissement des dunes : chaque année, la mer grignote un peu plus le rivage.
Les protections actuelles – enrochements, digues, épis, rechargements en sable – sont efficaces dans certains contextes sans pour autant devoir être généralisées.
Face à l’accélération du phénomène d’érosion, la commune ne peut plus se contenter d’intervenir après chaque tempête : elle doit désormais anticiper.
Les causes d’un phénomène inévitable
Le recul du trait de côte résulte d’un ensemble de facteurs. Le changement climatique provoque une élévation du niveau des océans et renforce l’intensité des tempêtes. La pression touristique et l’urbanisation en zone côtière fragilisent les dunes, perturbent le transport du sable et empêchent les milieux naturels de remplir leur fonction initiale d’absorption des conflits entre la mer et la terre. L’érosion n’est donc pas seulement naturelle : elle est amplifiée par les activités humaines.
Ne pas l’intégrer dans les choix d’aménagement reviendrait à déplacer le problème dans le temps… tout en l’aggravant.
Vers une stratégie municipale d’anticipation
Adopter une politique proactive, c’est d’abord repenser l’aménagement du territoire : réviser le Plan Local d’Urbanisme afin de limiter les nouvelles constructions dans les zones exposées et prévoir, en amont, des secteurs de repli. À l’inverse, laisser certains espaces côtiers reculer naturellement permettrait de réduire les coûts futurs et de concentrer les efforts sur des zones choisies pour la sécurité qu’elles offrent.
Parallèlement, la commune pourrait renforcer les défenses naturelles : restauration des dunes, plantation d’oyats, installation de ganivelles, recréation de zones humides en arrière de plage. Ces solutions, issues de l’ingénierie écologique et déjà mises en œuvre par endroits, protègent efficacement, s’intègrent au paysage et préservent la biodiversité.
Cette politique d’adaptation nécessiterait, d’une part, une planification des actions sur plusieurs années en lieu et place de réactions dans l’urgence. D’autre part, elle impliquerait le recours à des moyens financiers issus d’une indispensable mutualisation entre tous les acteurs institutionnels et territoriaux. Mais rien ne pourra se faire sans l’adhésion des habitants. Informer les riverains, associer les commerçants, les associations et les acteurs du tourisme permettrait de co-construire des décisions acceptées par tous.
Transformer la contrainte en opportunité
Plutôt que de considérer l’érosion comme une fatalité, La Tranche-sur-Mer pourrait en faire un levier de sensibilisation et d’attractivité. Créer des sentiers pédagogiques sur l’évolution du littoral, installer des observatoires côtiers, organiser des rencontres autour du climat et de la mer : autant d’initiatives capables de susciter l’intérêt des visiteurs et d’allonger la saison touristique bien au-delà des mois d’été.
En valorisant un territoire vivant et changeant, la commune pourrait attirer un public curieux, familial ou scolaire, attaché à l’environnement et au tourisme durable.
Protéger, s’adapter ou reculer : quel choix pour demain ?
Faut-il continuer à ériger des digues pour protéger chaque centimètre de plage, ou accepter que certains espaces soient rendus à la mer ? La sécurité des habitants doit-elle primer sur la préservation du paysage, ou l’inverse ? La Tranche-sur-Mer est-elle prête à faire évoluer son modèle d’aménagement et de tourisme pour s’adapter durablement à la montée des eaux ?
Au total, quelle place voulons-nous laisser à la mer, et jusqu’où sommes-nous prêts à transformer notre territoire pour continuer à vivre avec elle plutôt que contre elle ?
FG








Il me semblait que la compétence de la protection du littoral incombait à la communauté de communes Sud Vendée Littoral ? La commune ne pouvant intervenir directement sauf peut-être pour les espaces communaux...